E-market
Suzuki Across : une nouveauté peut en cacher une autre…

|
Tout le monde ne le sait pas forcément, mais Toyota et Suzuki se sont unis pour se partager le fardeau (sic) des grands défis auxquels l’industrie automobile doit faire face en matière de réduction des émissions et d’électrification. De cette alliance entre les deux constructeurs japonais, il y a déjà des fruits visibles. Ainsi, la gamme Suzuki s’est récemment enrichie d’une station wagon compacte à motorisation hybride : la Swace qui cache à peine ses origines Toyota, puisqu’elle est issue de la Corolla.
Plus différencié
Sur le même principe, Suzuki lance aujourd’hui le SUV Across. Pour le coup, les designers ont pris soin d’offrir au véhicule un visage qui lui est propre ou, à tout le moins, des contours qui ne reprennent pas à l’identique les traits du « donneur ». Mais quand même… pas besoin d’être grand connaisseur pour deviner que derrière l’Across se cache le Toyota RAV4. Attention toutefois : pas n’importe quel RAV4… Lequel ? Patience, nous y viendrons.
Comme un air de ressemblance
Esthétiquement, seule la face avant distingue l’Across de son cousin. Pour le reste, on retrouve les proportions musclées du Toy, son solide profil et sa partie arrière d’armoire à glace. De quoi mettre en confiance et annoncer des dimensions intérieures dignes d’une familiale. C’est bien le cas. Les 5 places sont généreuses et le coffre de 520 litres compte parmi les plus volumineux de la catégorie. Une catégorie bien précise… Mais encore ? Chuttt, tout vient à point à qui sait attendre. Finissons d’abord le tour du propriétaire. Dans l’habitacle, le Suzuki multiplie les similitudes avec le Toyota : même mise en forme sans chichi, fonctionnelle et ergonomique, mêmes matériaux soignés, même sérieux à la japonaise. Côté équipements enfin, l’Across est richement doté dès la version de base : aides à la conduite et multimédia connecté sont très efficaces. En clair, on n’est pas volé pour le prix qu’on paie ; prix qui est dans la norme comparé à la concurrence… Oui, mais encore ?… Allez, cette fois… on vous dit tout.

Déductible à 100%…
C’est forcément une mécanique hybride que Suzuki a repris chez son partenaire et même mieux que ça. Car l’Across reçoit rien de moins tout nouveau système hybride rechargeable de Toyota, après celui de la Prius Plug-in, passée relativement inaperçue. Il se fonde sur le même 4 cylindres essence 2.5 du RAV4 hybride classique, mais combiné ici à deux moteurs électriques (un par essieu, on parle bien d’un 4x4) et à une généreuse batterie de 18 kWh autorisant une autonomie théorique de 75 km. Dans cette configuration, notre beau bébé développe un total de 306 ch avec une homologation à 1,0 l/100 km et 22 g CO2/km : des chiffres synonymes de déductibilité à 100% pour les entreprises et les indépendants. La bonne affaire !
Sobriété
Clairement, les ingénieurs qui savent faire de l’hybride savent aussi faire… de l’hybride rechargeable. C’est du moins le cas des techniciens Toyota qui ont créé la motorisation qui anime ce… Suzuki. La sobriété est de mise, l’Across consomme le courant avec parcimonie et notre essai montre que l’autonomie moyenne de 75 km n’est pas exagérée. On est un poil en dessous si on évolue rien que sur autoroute et un poil au-dessus si on se limite à circuler en ville. Mais c’est surtout quand la batterie est vide que le dispositif impressionne. Car c’est alors un fonctionnement hybride classique qui se met en place, démontrant une fois de plus le savoir-faire de Toyota. Même là, le véhicule peut couvrir largement plus de 60 % de ses trajets urbains sans essence. Après un test de quelque 300 km dont deux tiers d’autoroute, et sans recharger, la moyenne s’est établie à 6,2 l/100 km. Ce qui est, à notre avis, remarquable.
Petits soucis
Bref, ce SUV amène chez Suzuki les atouts qui font traditionnellement la réputation de Toyota. On déplore cependant l’un ou l’autre souci. Premièrement, l’Across devrait coûter dans les 57.000€ (tarif non encore communiqué), une somme que les clients de la marque n’ont pas l’habitude de dépenser. Mais ce prix est largement justifié. Puis il y a la fiscalité : contrairement à la Flandre, la capitale et le sud du pays ne tiennent pas compte du faible niveau d’émission de CO2. Résultat, le nouveau venu est frappé d’une TMC de 2.478€… contre 45€ en Flandre. En espérant que cette belle illustration du surréalisme « à la belge » – même s’il n’ôte rien aux qualités du Suzuki – ne dissuade pas les acheteurs wallons et bruxellois. n

+
Sens inné de l’économie
Autonomie électrique généreuse
Performances élevées
Véhicule familial agréable
-
Tarif pas dans les habitudes du client Suzuki
Le Suzuki Across en quelques chiffres |
|
Moteur |
4 cyl. essence PHEV - 2.5 litres |
Puissance |
306ch |
Couple |
497Nm |
Transmission |
aux 4 roues |
Boîte |
automatique CVT |
L / l /H (mm) |
4.635 / 1.855 / 1.690 |
Poids à vide (kg) |
1.910 |
Volume du coffre (l) |
520 – 1.604 |
Réservoir (l) |
55 |
0 à 100 km/h (sec) |
6,0 |
Vitesse maxi (km/h) |
180 km/h |
Conso mixte WLTP |
1,0 l/100 km |
CO2 (g/km) |
22 |
Autonomie élec. WLTP |
75 km |
Prix |
N.C. |
